La Roumanie : des marchés publics à conquérir !

02/02/2018

Le 24 janvier dernier, le RCP Alsace organisait un déjeuner autour des opportunités du marché roumain. Michel Manole, consultant en ingénierie des affaires, y a présenté le potentiel du pays en terme de business pour les PME françaises. 

Pourquoi la Roumanie est-elle aujourd'hui un pays vers lequel il est intéressant pour les PME alsaciennes de se positionner ?

 La Roumanie est un pays qui avance, particulièrement depuis le milieu des années 1990. Avant cette période, les anciennes entreprises d’Etat étaient encore prépondérantes. Puis la reprise de Dacia par Renault en 1997/1998 a été marquante : elle a accéléré le mouvement vers l’économie de marché.

L’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne en 2007 a été un second tournant très important : en effet, le premier plan septennal a permis au pays de bénéficier de fonds européens notamment pour sa revitalisation économique, et le suivant, qui sera actif jusqu’en 2020, représente 40 milliards d’euros, répartis entre l’état roumain et l’Union Européenne. Il est à noter également que depuis 2017 la Roumanie a mis en place un programme  pour encourager l’implantation des startups.

Michel Manole (à gauche), au déjeuner organisé par le RCP Alsace

Il reste donc encore deux années au moins aux entreprises étrangères pour développer leur business en Roumanie dans des conditions idéales, d’autant qu’au sein de ces plans septennaux, la commande publique représente une part prépondérante.

Quels sont les axes de développement et les besoins actuels dans l’économie roumaine ?  

 La Roumanie connaît une croissance forte : 5% en 2017. Elle cherche aujourd’hui à se développer sur plusieurs axes : l’acquisition de compétences et de qualifications, la compétitivité, le développement régional, rural, et les infrastructures. Très concrètement il s’agit aujourd’hui de moderniser la voirie et les transports publics, d’améliorer la qualité de l’air par la mesure et le traitement, de mener des actions de réhabilitation urbaine, de procéder à la décontamination, la dépollution et la reconversion des sites pollués (de nombreuses entreprises d’Etat étaient implantées directement dans les villes), etc.

Dans le détail, les marchés en Roumanie concernent les domaines suivants :

  • Management des déchets.
  • Eclairage public nouvelles technologies.
  • Transport ferroviaire et fluvial, aménagement des voies, ferrées et navigables.
  • Sécurisation, signalisation des mêmes voies.
  • Développement de la production d’énergies renouvelables : photovoltaïque, géothermie, micro hydrocentrales, biomasse.
  • Réhabilitation thermique des immeubles collectifs et des réseaux de chauffage attenants.

Si la Roumanie est familière avec les évolutions technologiques,  elle les a acquises trop vite, ce qui génère des besoins forts en maintenance ou en formation. C’est là que le savoir-faire et la maîtrise des entreprises étrangères deviennent des atouts très recherchés.

Comment les entreprises françaises peuvent-elles dès lors se positionner efficacement sur les marchés roumains ?

 La première chose à faire, à mon sens, est de s’intéresser à ce marché. En effet, la Roumanie véhicule une image peu flatteuse, et qui peut rebuter les entreprises. Pourtant, c’est un pays où la croissance et la consommation vont bon train ! Même si les bas salaires sont une réalité, il y a toutefois une partie de la population qui a de bons revenus : les ménages souhaitent s’équiper, voyager, etc. La grande distribution ne s’y est pas trompée car ses ténors comme Auchan, Carrefour, etc. sont déjà bien implantés en Roumanie – sans parler de Dacia, qui fonctionne plutôt bien.

Pour toucher les marchés roumains, outre la veille ( sur JOUE ou sur le site http://anap.gov.ro/web/ ou ou avec les outils proposés par le Club AMPIE ), les entreprises françaises doivent aussi tenir compte du fait que la PME/PMI est une création relativement récente en Roumanie. Cela implique des chefs d’entreprises qui n’ont pas l’expérience des dirigeants français. Il s’agit donc d’être à la fois confiant et attentif. Confiant, car la volonté de coopération et d’apprentissage est forte, et attentif car la rigueur est en voie d’acquisition.

Je conseille donc aux entreprises de mettre en avant leur professionnalisme et leurs savoir-faire spécifiques, dans le véritable esprit d’entrepreneuriat et d’export. 

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